Définitions et critiques de l’IDH

L’objectif est ici de se familiariser avec la notion d’Indicateur de Développement Humain et de montrer une partie des biais qu’il comporte.

Dans une seconde partie, il s’agira aussi de se poser les questions : « Quel est selon-vous le meilleur indicateur de développement humain ? », « Qu’est-ce qu’un bon développement aujourd’hui ? Et demain ? » Il semble évident que cette question possède une dimension philosophique et nous ne nous attarderons pas ici sur la notion de vertu collective.

La notion de développement implique une évolution, l’IDH est un indicateur qui s’observe dans le temps. L’IDH étant un classement, c’est une évaluation relative.

 

  • La construction de l’IDH

L’IDH est la combinaison de 3 indicateurs : santé (longévité), éducation (durée de scolarisation) et pouvoir d’achat (revenu en parité de pouvoir d’achat).

Formule de calcul de l’IDH = (IL+ IE + IP) / 3

IL= Indicateur de l’espérance de vie

IE = Indicateur du niveau d’éducation

IP = Indicateur du produit intérieur brut (PIB) par habitant

 

  • Critique 1 de l’IDH : il ne prend en compte que des effets moyens.

Les 3 sous-indicateurs de l’IDH sont évalués de telle sorte qu’ils s’estiment par la valeur moyenne d’un pays par rapport aux valeurs moyennes ou extrêmes mondiales.

Calcul des indicateurs composants de l’IDH =

(Valeur observée – valeur minimale) / (Valeur maximale – valeur minimale)

Ainsi, les valeurs maximales et minimales prises en compte reflètent les moyennes de chaque pays (moyennes intra-pays).

 

Exemple de calcul (la longévité au Vietnam) :

Si l’on se focalise par exemple sur l’indicateur de longévité au Vietnam, il est évalué de la façon suivante :

ILvn = (75,2 – 20) / (83,4 – 20) = 0,87

L’indicateur de longévité est mesuré par la méthodologie de calcul de l’espérance de vie :

  • Classement par âge de la population vivante au début de l’année 2012.
  • Pour chaque âge, on calcule la proportion de personnes décédées en 2012. Par exemple, en 2012 en France, le taux de mortalité d’une personne de 30 ans est de 0.07%.
  • Dans un second temps, les démographes se basent sur une génération fictive de 1 000 personnes. Sachant que la mortalité des individus qui ont moins d’un an en 2012 est de 4 ‰, ils retirent 4 individus et ainsi de suite : à l’âge de 30 ans, ils retirent 0,07 % des individus restants, et ce jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucun individu. À la fin de l’opération, tous les membres de cette génération fictive sont décédés, il ne leur reste alors plus qu’à faire la moyenne des âges de décès observés.

 

Même si cet indicateur permet de corriger une partie des effets limitant sa pertinence (y compris l’effet pyramide des âges ou déformation de la population), il ne permet toutefois pas de retranscrire complètement l’effet distribution de l’espérance de vie sur la population : une mortalité infantile importante pouvant être compensée par un petit groupe de personnes vivant bien au-delà de l’espérance de vie moyenne du pays considéré et ainsi masquer les effets de dispersion (intrinsèque à la définition de moyenne). Ainsi, cet indicateur de longévité ne reflète pas les inégalités internes aux pays face à la santé et la durée de la vie (Vietnam ici).

Nous pouvons émettre une critique similaire à l’indicateur d’estimation de la durée de scolarisation : il ne s’agit que d’une valeur moyenne qui ne reflète pas sa distribution dans la population donnée. Par exemple, dans un pays donné, si une petite partie de la population étudie considérablement plus longtemps que la plus grande partie de la population, la durée de scolarisation moyenne sera mécaniquement tirée vers le haut par ce petit groupe très scolarisé. Cet effet ne sera pas retranscris par la valeur de la durée moyenne de scolarisation.

 

Ces observations nous amènent à considérer le premier biais d’analyse de l’IDH :

Le Biais lié au fait de ne pas tenir compte de la distribution des sous-indicateurs (longévité, santé et scolarisation) : l’IDH se base sur des effets moyens qui ne retranscrivent pas les écarts au sein des populations par pays.

Nous procédons malgré tout à une analyse à l’échelle nationale puisque c’est avec ce champs que nous sommes le plus familiarisé et que les données existent à cette échelle.

 

Illustration du biais lié au fait de se limiter à la considération des moyennes :

L’IDH traduit donc un effet global de développement, sans considérer le critère d’homogénéité ce de développement au sein des pays observés. Ainsi, des pays très inégalitaires en termes d’espérance de vie, d’éducation et/ou de revenus peuvent se retrouver parmi les mieux classés (classement IDH) et vice et versa. Cet indicateur ne délivre donc pas d’information à l’échelle individuelle mais bien à l’échelle de l’individu moyen d’un pays. Si l’on imagine un exemple extrême et que l’on considère un pays fictif de 2 habitants :

En 2010

  • L’individu A1 qui décèdera en 2010 à l’âge de 87 ans, aura été scolarisé 12 ans et touche un salaire annuel (en PPA) de 40 k€
  • L’individu B1 décède également en 2010 mais à l’âge de 48 ans, aura été scolarisé 6 ans et touche un salaire annuel (en PPA) de 25 k€

 

En 2015

  • L’individu A2 qui décèdera en 2015 à l’âge de 92 ans, aura été scolarisé 12 ans d’études et touche un salaire annuel (en PPA) de 45 k€
  • L’individu B2 décède également en 2015 mais à l’âge de 48 ans, et aura été scolarisé 6 ans d’études et touche un salaire annuel (en PPA) de 25 k€

 

Ce pays présentera un meilleur score IDH en 2015 qu’en 2010 (l’individu moyen y vit plus longtemps et a un revenu plus élevé en 2015 qu’en 2010), pourtant les inégalités se sont accentuées en son sein, ce que ne reflète pas l’IDH. Le score global sera ainsi tiré vers le haut par l’individu A2 dont les conditions d’existence se sont améliorées par rapport à l’individu A1, malgré la stagnation des conditions de vie de l’individu B2 par rapport à l’individu B1. Cet individu étant dans une situation relativement plus précaire en 2015 qu’en 2010 (par rapport à l’ensemble de la population du pays).

Ce type de constat nous suggère de considérer la dimension d’égalité comme critère de développement humain. Nous sommes en mesure d’attendre d’une société qui se développe, que l’ensemble des acteurs qui la constitue en bénéficie.

 

Piste d’amélioration 1 : l’observation des valeurs médianes.

Une meilleure estimation du développement pourrait être obtenue en considérant les valeurs de longévité et de durée de scolarisation médianes (telles que la moitié de la population vit plus longtemps ou que la moitié de la population étudie plus longtemps) de ces populations.

L’indicateur de médiane a pour qualité de ne pas être influencé par les valeurs extrêmes, contrairement à la moyenne. Il apporte donc une information complémentaire essentielle par rapport à la celle-ci.

Limite : malheureusement, ces valeurs médianes ne sont disponibles que sur un nombre restreint de pays.

 

Piste d’amélioration 2 : la prise en compte de la qualité des distributions (introduction du coefficient de Gini).

Concernant l’indicateur de revenu au sein des populations, il existe un indicateur qui permet de prendre en considération la distribution du revenu au sein d’une population. Il s’agit du coefficient de Gini, disponible sur la plupart des pays. Il mesure l’écart entre une distribution parfaitement égalitaire des revenus et la distribution réelle des revenus.

Le coefficient de Gini est exprimé par une valeur comprise entre 0 et 1 (0 étant la distribution parfaitement égalitaire).

Pour la suite de l’analyse, nous utiliserons le coefficient de Gini inversé et multiplié par 100. Ainsi la variable IGini est un nombre croissant de l’égalité situé entre 0 et 100 (100 étant la situation d’une égalité parfaite des revenus).

Graph Lorentz

Tout d’abord, nous nous posons ici la question du lien entre classement IDH et répartition des richesses. Autrement dit, existe-t-il un lien entre la richesse globale d’un pays (représenté ici par son revenu moyen) et sa capacité à répartir équitablement ses richesses (reflété ici par le coefficient de Gini) ?

Le graphique suivant a pour objectif de décrire la relation entre le revenu moyen par personne en 2013 (en abscisse) et la mesure de l’égalité de la distribution de ces revenus (Inverse de Gini, en ordonnée). Chaque point représente le couple (revenu moyen per capita ; Gini) d’un pays donné.

Income Gini.jpg

Interprétation : il n’y a donc pas de corrélation avérée entre le revenu moy/hab et le coefficient de Gini. En d’autres termes, le revenu/hab n’explique pas à lui seul la qualité de la distribution des revenus dans la population d’un pays.

Pourtant, nous remarquons que parmi les pays les plus riches (en termes de revmoy/hab), le coef de Gini inversé est systématiquement élevé par rapport à la moyenne de l’ensemble des pays. Cependant, n’est-on pas en droit d’attendre une meilleure homogénéité dans la distribution des revenus lorsqu’il s’agit de moins en moins de satisfaire les besoins vitaux ? Avec l’augmentation du revmoy/hab, il apparait normal que les systèmes de mutualisation et de redistribution viennent harmoniser la distribution des revenus.

Notion de besoins incompressibles : de l’autre côté (sur les valeurs faibles de revenu), nous ne pouvons déduire de lien entre un revenu moy relativement peu élevé et un quelconque impact sur le coef de Gini. Autrement dit, plus le revmoy est faible et plus le coefficient de Gini est indépendant du revenu moy. Nous trouvons également de nombreux exemples de pays relativement égalitaires aux revenus moy/hab faibles. Nous pourrions pourtant nous attendre à ce que le coefficient de Gini inversé soit plus élevé parmi les pays aux plus bas revmoy/hab, du fait que plus nous descendons vers les bas revmoy/hab, plus ces revenus sont utilisés à la satisfaction des besoins vitaux. Il est également à considérer que parmi les pays les plus pauvres (en termes de revenu monétaire), une proportion plus importante des échanges est réalisée en dehors du circuit monétaire (et donc non pris en compte dans le calcul des indicateurs).

Il nous paraîtrait plus juste d’introduire cette notion de distributions dans l’IDH pour qu’il reflète le développement humains dans le sens de « tous les humains » (AHDI = all human dev index).

Une remarque importante, les pays à IDH les moins élevés et faisant partie des pays où l’on vit le plus longtemps et à temps de scolarisations les plus longs atteignent donc ces 2 facteurs avec un revenu moyen moins important, en parité de pouvoir d’achat. Il est tant à parier que les pollutions qu’ils génèrent sont également moins importantes. Lien consommation énergétique (voir partie 3).

 

 

La corrélation entre le revenu et la valeur de l’IDH :

Le graphique ci-dessous nous montre qu’il existe une corrélation très significative entre classement IDH et revenus/moyen par pays, qui ne permet pas d’expliquer à elle seule une telle sur/sous-évaluation dans le classement.

IDH Income.jpg

Les revenus moyens expliquent à eux seuls une grande partie l’IDH et ce parce qu’espérances de vie et durées de scolarisation moyennes sont elles-mêmes corrélées au revenu moyen. En économétrie, on considère dans ce cas que l’apport d’information des variables « longévité » et « scolarisation » à la constitution de l’IDH est relativement faible par rapport à l’information déjà apportée par le revenu.

 

 

 

 

D’un point de vue logique personnelle, il nous viendrait plutôt à l’esprit de ne pas prendre en compte le revmoy/hab, étant admis qu’il est corrélé avec ces 2 indicateurs et donc déjà représenté de manière indirecte par ces derniers. De plus, il existe une corrélation entre le revmoy/hab et les émissions de CO2 (et d’autres types de pollution) et de façon plus générale avec la consommation énergétique.

En effet, la variable cible, l’IDH représente un indicateur de santé physique, éducative et économique. La crédibilité que nous associons à l’espérance de vie comme mesure de santé publique et de la durée de scolarisation comme celle de l’éducation, sans tenir compte des biais des indicateurs utilisés, est plutôt facile à accorder (bien qu’il s’agisse d’une mesure purement quantitative). Mais surtout, quid de ce qu’est une bonne santé économique ? Des régions qui assurent de bons niveaux de longévité et d’éducation s’appuyant sur des niveaux de richesses relativement inférieurs ne sont-ils pas plus efficaces énergétiquement ? N’assurent-elles pas en ce sens un meilleur développement ?

Il ne serait en tout cas pas souhaitable de détériorer la cohésion sociale là où elle existe.

Revenus, consommation énergétique et pollution sont liés :

income-co2

 

Comme on le voit ci-dessus, pollution et revenu sont liés, même si on observe une plus grande dispersion des pollutions dégagées sur les hauts revenus.

Ainsi, l’introduction du revenu comme critère d’évaluation du développement humain pose question. En cela, je ne saurais m’exprimer sur le signe à y associer, pouvant signifier davantage de dépendance vis-à-vis de l’énergie et des impacts collatéraux. Et ce aussi, parce qu’il est déjà introduit par les 2 autres composantes de l’indice.

On est alors en mesure de se poser la question du sens de l’influence de la partie du développement liée aux richesses monétaires les plus importantes.

IDH Gini.jpg

On constate à quel point l’IDH ne reflète pas le caractère de distribution des richesses au sein des populations. Ainsi, l’IDH ne restitue pas l’information d’égalité des revenus, c’est une autre manière d’observer ce que nous disons précédemment, il n’existe pas de corrélation entre revmoy/hab et distribution des richesses. Autrement dit, les pays les plus riches n’assurent pas systématiquement une meilleure distribution de leurs richesses.

income-lifeexp

 

La corrélation est logarithmique, il faut un écart de revenu de plus en plus important pour assurer une longévité supérieure identique. Sur des revenus très faibles, l’espérance de vie chute très vite : en dessous de 2000$ par an, on vit rarement au-delà de 55 ans. Il faudrait aussi pouvoir observer la distribution des espérances de vies dans chacun des pays, ainsi que leurs évolutions. La différence moyenne de revenu entre les pays ou l’espérance de vie est de 75ans et ceux où elle est de 80ans correspond à un doublement de ce revenu (passant ainsi de 20k$ à 40k$).

Comment prendre en compte le revenu sachant qu’il est lié au niveau de pollution…le calcul du développement hors revenu revient en quelque sorte à évaluer longévité et éducation en utilisant le moins de ressources naturelles, matérielles. C’est bien ici dans une optique de sobriété énergétique et de ces ressources que nous nous situons.

L’idée n’est donc pas ici de remplacer l’idh mais de proposer un indicateur qui regroupe espérance de vie, éducation, égalité et responsabilité environnementale.

3  indicateurs possibles :

  • Esp, scol, revenu corrigé de gini.
  • Esp, scol, Gini (on considère alors que l’ensemble des inégalités correspondent à celle du revenu, ce qui est vérifié au niveau de la comparaison par pays).
  • Esp, scol, pollutions (ou revenu en négatif).

 

 

Culture et politique étant étroitement liées, le coefficient de Gini est calculé par pays, ce qui se traduit en un effet ou biais « échelle pays » lors des calculs agrégés (Gini européen). Il faudrait disposer des revenus par quantiles sur chacun des pays pour l’estimer correctement. Il serait alors possible de s’inscrire dans une vision déliée du facteur pays. Cela a un sens pour comprendre la redistribution internationale, officielle et élaborées par les outils politiques sur certaines zones (Europe, Zones sous traités de libre-échange,…) mais également pour s’inscrire dans une analyse sans a-priori « pays » et ainsi d’étudier l’organisation multi-échelles sous-jacente. Ce qui pourrait se traduire par une redéfinition des zones à considérer sur certaines problématiques. Il serait par exemple intéressant de l’étudier par ville et d’évaluer la considération de proximités sur différents critères, en cela qu’elles sont similaires ou différentes.

Par exemple, nous pourrions considérer les 10% d’européens les plus pauvres et calculer leur revenu moyen et ainsi de suite, jusqu’au 10% les plus aisés.

Il serait intéressant de regarder comment se comporte le coefficient de Gini géographiquement, quel est sa valeur moyenne et sa variance sur certaines zones. Cela reflèterait les écarts ou « la variance intra » zones, par exemple sur l’Europe.

A creuser :

Sorte de critère d’homogénéisation des conditions de vie. Notion de proximité importante ?

La moyenne européenne, pondérée par la population par pays est de ?

Source Data : United Nation Development Program

 

Auteur : Jonathan Petit

 

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81% des brésiliens pensent que le Brésil n’aurait pas du organiser la Coupe du monde 2014.

Ces 81% de brésiliens pensent que ces fonds auraient pu être utilisés à meilleur escient.

sotd  50.0  12062014 001

59% des sondés au niveau mondial partage cette idée.

 

Dans le monde, 75% des individus pensent que la Coupe du monde est plus axée sur le sponsoring d’entreprise que sur l’esprit sportif (86% au Brésil).

 

Les 2/3 des individus, toutes nationalités confondues, associent Coupe du Monde et corruption.

70% prévoient de regarder la compétition.

75% pensent que la Coupe du monde est plus axée sur le sponsoring d’entreprise que sur l’esprit sportif (86% au Brésil).

 

Les plus susceptibles de la regarder viennent de Corée du Sud (93 %), Turquie (85 %), Argentine (85 %), Italie (83 %), Inde (80 %), Allemagne (79 %), Mexique (78 %), Indonésie (77 %), Brésil (77 %) et Arabie Saoudite (75 %).

Ils sont plus nombreux à affirmer qu’ils prévoient de regarder des rencontres que les sondés d’Espagne (73 %), Roumanie (70 %), Afrique du Sud (70 %), Chine (69 %), Égypte (67 %), Pologne (64 %), Suède (64 %), Grande-Bretagne (63 %), Japon (62 %), Hongrie (59 %), Belgique (57 %), Russie (53 %), États-Unis (50 %), France (49 %), Australie (49 %) et Canada (47 %).
Source : Ipsos, le 10 Juin 2014
Lien : http://www.ipsos.fr/ipsos-public-affairs/actualites/2014-06-10-bresil-futur-vainqueur-coupe-monde-foot

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Elections européennes 2014, qui a voté? Seuls 27% des -35ans ont votés (26% pop et 16% des votants), ils constituent les votes les plus marqués aux extrêmes (FN, FDG) et les nouveaux partis; les + de 60 ans (31% pop) représentent 43.5% des votants, plus portés sur les partis historiques (PS, UMP).

Si l’on compare ces résultats aux élections municipales de mars dernier, on constate que parmi les électeurs qui se sont déplacés pour ces élections européennes, il y a une surreprésentation de partisans du FN. Il s’agit donc d’un vote ou les anti-européens semblent s’être davantage mobilisés que les pro-européens, indifférents ou déçus de l’Europe telle qu’elle se réalise aujourd’hui.

Stat40

A travers l’observation des résultats, c’est plutôt le profil du votant que l’on étudie et non pas l’expression de l’ensemble de la population. Une majorité français ont négligé cette élection.

 

Les abstentionnistes:

Étant donné le faible taux de participation, à 42.5%, l’élection n’est pas représentative des choix de la population française.

Les abstentionnistes sont plus jeunes, issus de classes sociales moins valorisées (employés, ouvriers, chômeurs), plus pauvres et légèrement plus féminins que l’ensemble de la population.

Un grand manque d’information est ressorti par rapport à ces élections européennes. Mais l’abstention constitue ici également un moyen d’exprimer son mécontentement à l’égard des responsables politiques en général. Enfin, seul 1 abstentionniste sur 3 pense que ces élections ne changeront rien à leur vie quotidienne.

Enjeux du vote:

L’immigration est le sujet qui compte le plus pour les votants (31%), viennent ensuite le pouvoir d’achat (30%), la crise dans la zone euro (27%), le chômage (27%), le maintient de la paix en Europe (21%)…

64% des votants souhaitent renforcer les pouvoirs de décision de notre pays, même si cela doit limiter ceux de l’Europe.

Toutefois, 72% souhaitent que la France reste dans la zone Euro (34% des électeurs du FN).

51% considèrent que dans ce contexte de crise, l’appartenance à l’union européenne aggrave les effets de la crise sur les français.

Sur les mesures que devraient prendre l’UE en priorité, on trouve en première position « Un système permettant à l’Union Européenne d’augmenter les droits de douane face aux pays qui ne respectent pas les règles du commerce international ».

 

Conclusion:

L’électorat d’extrême droite c’est mobilisé en masse et est donc sur-représenté à ce scrutin. Malgré cela, 72% des votants sont pour un maintient de la France dans la zone Euro. Les résultats semblent donc une manifestation de la déception face aux politiques menées à l’échelle européenne mais aussi nationale. Cette enquête fait également ressortir une peur que l’Europe soit plus laxiste à l’égard des normes mises en place à l’échelle nationale (protection du salarié, immigration) et un souhait de protectionnisme à l’égard du commerce international.

L’UE actuelle est perçue comme une voie vers plus de flexibilité (du travail, des normes), et donc comme une perte de singularité, comme un moyen de faire sauter les règles nationales dont certaines avaient pour objectif de protéger ses citoyens et donc comme un moyen supplémentaire de laisser au capitalisme et aux marchés financiers internationaux toute la place pour s’exprimer sans contrainte (Voir « Zone de libre échange transatlantique »).

Pensez-vous qu’une consultation plus régulière des citoyens européens puisse instaurer une confiance accrue envers les politiques et institutions européennes ?

Source: Ipsos, Élections Européennes 2014 Comprendre le vote des français

Lien: http://www.scribd.com/fullscreen/226037674?access_key=key-9AG0U9qTnlWwgTmt0bUh&allow_share=true&escape=false&view_mode=scroll

 

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Santé : près d’un Français sur deux a dû renoncer à des soins ou à une consultation en raison d’un coût jugé trop élevé.

L’évolution de la qualité et de la sécurité des soins de ces 5 dernières années questionnent un tiers des Français. Ils mettent en parallèle une certaine dégradation des conditions d’accès aux soins et des conditions de travail du personnel.

Stat39

Les Français ont le sentiment d’une médecine à deux vitesses: inégalités territoriales, ceux qui ont de l’argent ont plus de possibilités de se faire soigner (92%), les innovations et les traitements ne sont pas proposés à tous les patients (74%) et des inégalités de traitement selon les patients (58%).

Malgré cela, les Français considèrent leur système de santé comme le meilleur du monde. Ce bon résultat s’appuie sur la reconnaissance d’un dynamisme français de la recherche et de l’innovation auxquels l’hôpital contribue significativement. Une égalité d’accès garantie dans les hôpitaux publics (78% des Français), mais une perception de sélection par les cliniques privées (68% des Français). Pour 1 Français sur 2, le droit et l’information des patients restent stables et progressent même pour 1 tiers d’entre eux.

Ils sont toutefois inquiets et portent un jugement lucide sur les menaces qui pèsent depuis plusieurs années sur l’hôpital et notre système de santé.

Une large majorité des Français dénonce la problématique de l’organisation des soins : engorgement des hôpitaux, manque d’hôpitaux en France, mauvaise gestion des hôpitaux publics, la mauvaise coordination des acteurs.

Que pensez-vous de la privatisation progressive du système de santé?

Source : Ipsos, 21 Mai 2014

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75% des fonds investis sur la question de la neutralité du net sont positionnés contre celle-ci (fonds dépensés entre 2005 et 2013).

Aux US, 10 groupes sont pro-neutralité et 10 groupes anti mais la balance penche du côté des « anti » qui ont investis 75 millions de dollars entre 2005 et 2013 (Vs 25 millions dépensés par les pro-neutralité).

Stat38

L’écart c’est réduit à 3 contre 1 suite à la prise de position de Google sur la question (18.8 millions investis en faveur de la neutralité du net). Il était historiquement de l’ordre de 5 contre 1.
L’arrivée de Google dans la partie n’a cependant pas découragé les détracteurs de la neutralité du net. Ceux-ci ont-ils perçu Google comme une menace sérieuse, ou se sont-ils sentis portés par l’échec de la FCC face à Verizon ? Toujours est-il qu’ils n’ont, sauf en 2012, pas cessé d’augmenter leurs dépenses de lobbying.

« Les principaux groupes pro-neutralité ont publié 176 rapports mentionnant la neutralité du net. Mais les organisations anti-neutralité les ont largement dépassés, déposant 472 rapports mentionnant la neutralité du net. C’est un ratio de 1 à 2,7. »

Les principaux groupes anti-neutralité sont Verizon Communications, AT&T, Comcsat Corp.

AOL, Level 3 (opérateur et CDN), Google, Microsoft et Apollo Investment Management sont les principaux défenseurs de la neutralité du net.

« Internet c’est par définition le réseau neutre sur lequel on c’est mis d’accord pour s’interconnecter ». B.Bayart

Cette question ne devrait-elle pas reposer sur un choix démocratique?

Source : ZDNet, le 19 Mai 2014

Lien : http://www.zdnet.fr/actualites/la-neutralite-du-net-aux-etats-unis-une-affaire-de-lobbies-39801261.htm

Video sur la neutralité du Web (Interview B.Bayart) : http://www.agoravox.tv/actualites/technologies/article/interview-de-benjamin-bayart-sur-44896

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La part des terres cultivables non cultivées dans le monde est de 60%.

Stat37

Pour l’étude GAEZ (2009), la superficie des terres aptes à la culture pluviale* quel que soit le mode de gestion, représente 27% des terres émergées, soit 3 573 millions d’ha pour les terres très convenables, convenables et modérément convenables à la culture et 4 152 millions en incluant les terres considérées peu convenables.

 

Près du quart des terres aptes à la culture sont aujourd’hui recouvertes de forêts, qui correspondent à 1/3 des espaces forestiers du monde. Les régions dont plus de 30% des terres cultivables sont recouvertes de forêts sont l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord, l’Afrique centrale et la Russie.

 

Un tiers des terres émergées est recouvert de forêts, alors qu’environ un autre tiers est utilisé pour des usages agricoles ou pastoraux. Les infrastructures urbaines et autres n’occupent qu’un faible pourcentage des terres émergées.

Les estimations des superficies de terres cultivées de SAGE donnent 1 805 millions d’ha en 1992. Les céréales occupent 55% de ces surfaces, les oléagineux 15%, les légumineuses sèches 5%, les racines et tubercules 4%, les cultures sucrières 2% et les autres cultures 19%.

Les estimations de pâturages permanents FAO (UN Food and Agriculture Organisation)et SAGE sont similaires (3% de plus pour la FAO), mais cette proximité des moyennes mondiales cache des estimations divergentes sur les différents continents qui se compensent au niveau global.

 

Selon l’auteur de l’étude : «il apparait que, en dépit des divergences, des incertitudes et des limites des bases de données que nous avons étudiées, les superficies utilisables en culture pluviale et non encore cultivées sont très étendues à l’échelle du monde, de plusieurs grandes régions et de nombreux pays, en particulier en Amérique du Sud et en Afrique subsaharienne. En revanche, cette ressource apparait comme rare, voire épuisée, au Moyen-Orient et en Asie compte tenu des méthodes employées pour juger de l’aptitude des terres à la culture.»

Voir Statoftheday du 28 Avril 2014 (La croissance de l’agriculture chinoise en Afrique).

 

(*) : L’étude GAEZ (IIASA – International Institute for Applied Systems Analysis et FAO) donne des informations sur les potentialités agricoles des terres, sur la base de leur aptitude à la culture de 154 variétés végétales, ainsi que les rendements accessibles selon trois modes de gestion théoriques, «avancé», «amélioré» et «traditionnel» en culture pluviale et irriguée. Cette analyse se base essentiellement sur des critères agronomiques et écologiques. Elle ne prend pas véritablement en compte les paramètres socioéconomiques.

Source : AGTER, Janvier 2013

Lien : http://www.agter.asso.fr/article944_fr.html

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Au Portugal entre 2002 et 2012, le nombre de toxicomanes a diminué de 47%. Ils sont moins de 50 000 aujourd’hui dont la majorité sont suivis régulièrement.

En 2001, le Portugal a choisi de décriminaliser toutes les drogues. Elles ne sont toutefois pas légalisées, on ne peut pas transporter, consommer ou vendre de la drogue en toute impunité. La possession et la consommation ne sont plus considérés comme des crimes mais comme des infractions.

Stat36

Le taux de jeunes de moins de 20ans ayant essayé au moins une drogue est passé de 14% à 10.6%.

La transmission du VIH parmi les usagers a baissé de 17% sur la même période. Le nombre de décès engendrés par la consommation de drogues a chuté de moitié.

La comparaison des données européennes et portugaises fait apparaitre que le pourcentage d’adultes prenant des drogues dans le pays est devenu l’un des plus faibles de l’UE : 11,7% de consommateurs de cannabis contre 30% au Royaume-Uni ; 1,9% prennent de la coke contre 8,3 % chez le voisin espagnol.

Pensez-vous que l’on devrait mettre en place une telle politique à l’égard des drogues à l’échelle européenne?

Source : Eurostat + CATO Institute

Liens :
http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/edr2013rap.pdf
http://object.cato.org/sites/cato.org/files/pubs/pdf/greenwald_whitepaper.pdf

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